France

Archaeologists working in France

Le chantier de fouille, “terrain de jeu” de l’archéologue

Réalisation d’un relevé topographique sur le chantier de Villenauxe la grande (je suis à gauche) © Antoine David, Inrap

« Je n’ai rien oublié ? » ai-je pensé au moment de prendre la voiture pour rejoindre mon collègue Laurent, responsable d’une opération de diagnostic à Verdun dans la Meuse. Je m’appelle Luc Sanson, je suis technicien d’opération à l’Inrap Grand Est et je m’apprête à débuter une journée qui me semble assez représentative de ma vie d’archéologue.

 

Le diagnostic est situé non loin du centre-ville de Verdun, où une stratification importante est supposée, mais à proximité immédiate des remparts médiévaux et modernes de la citadelle. La réalisation des tranchées de diagnostic est complexe, des blindages ont été prévus au cas où il faudrait descendre au fond, afin de réaliser les observations archéologiques en toute sécurité. Ce sont principalement des niveaux de remblais contemporains et modernes qui s’offrent à nos yeux. Les découvertes de la journée ? Quatre sections de murs avec le sol associé appartenant à un bâtiment disparu. Il s’agit de toute évidence d’un bâtiment du XXe siècle. Pourtant, ni les clichés orthogonaux de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), ni les plans de la citadelle en notre possession ne font figurer cette construction. L’archéologie reste bel et bien une source d’information importante, même pour les périodes les plus récentes.

 

Réalisation d’un sondage profond blindé sur le diagnostic de Verdun © Luc Sanson, Inrap

L’examen de l’épaisseur des remblais nous questionne sur l’état du terrain avant les terrassements. Nous allons certainement entreprendre de les modéliser avec le logiciel QGIS, un logiciel libre de Système d’Information Géographique (SIG). Je me demande si l’épaisseur moyenne des remblais pourrait être estimée avec le logiciel R. Étant en plein apprentissage de ce logiciel libre de statistiques, je ne rate pas une occasion de m’exercer afin d’améliorer ma pratique.

Fouille d’une sépulture sur la fouille de Villenauxe © Jérémy Maestracci, Inrap

La canicule ne nous épargne pas, la fin de journée est particulièrement éprouvante ! En rentrant du terrain, je passe par le centre de recherches archéologiques Inrap de Metz pour récupérer du matériel de prélèvement. J’en profite également pour rendre visite à mon collègue Franck, infographiste, qui réalise la mise en page d’un rapport de fouilles que je viens de rédiger. Il s’agit de la fouille d’une nécropole de l’Antiquité tardive à Villenauxe-la-Grande, dans l’Aube, dont j’étais le responsable scientifique. J’étais assisté de mon collègue Jérémy, anthropologue, le tandem que nous formions était idéal pour ce type de fouille. Franck me signale quelques petits problèmes à régler, comme la numérotation des figures. J’aurai le week-end pour les solutionner !

 

Enregistrement d’une sépulture sur le chantier de Villenauxe-la-Grande © Jérémy Maestracci, Inrap

En rentrant chez moi, je repense à cette fouille de Villenauxe, dont la phase terrain s’est achevée il y a deux ans déjà ! La fouille de ces sépultures fait partie de mes meilleurs souvenirs d’archéologues. Je prends enfin conscience que mon quotidien est marqué par plusieurs temporalités : le quotidien immédiat avec le diagnostic de Verdun ; le moyen terme de l’achèvement de la rédaction d’un rapport ; et le long terme de souvenirs enfouis qui ressurgissent çà et là. C’est peut-être cela le quotidien de l’archéologue !

Illustrer et valoriser l’archéologie : le quotidien de l’infographiste

Bonjour ! Je m’appelle Frédérique Robin. Après une formation de graphiste, j’ai longtemps travaillé au sein d’une imprimerie assez importante. En 2004, je rejoins l’Inrap.

Un rapport d’opération terminé, au retour de chez l’imprimeur ! © Myr Muratet, Inrap

Depuis, j’exerce le métier d’infographiste au centre de recherches archéologiques de l’Inrap à Nîmes. Ce Day of Archaeology me donne l’occasion de vous présenter toutes les facettes de ce métier. Au service des responsables d’opérations et des différents spécialistes en archéologie, j’apporte ma contribution afin de rendre un rapport d’opération le plus lisible et le plus beau possible. En effet, à la fin d’un diagnostic ou d’une fouille en archéologie préventive, c’est le document qui gardera la mémoire du site et qui est remis à l’État.

Ce document scientifique réunit les données de terrain, leur analyse et enfin leur interprétation.

Je collabore de façon étroite avec le responsable d’opération au cours de la fouille pour le montage du plan et surtout en post-fouille, à mon bureau, afin de définir le choix de l’information représentée sur les plans, les dessins, les photos … tout cela pour éclairer le propos de l’archéologue.

Réunion de travail pour mettre en place le post-fouille avec le responsable d’opération, les responsables de secteur, le topographe et moi © Marie Rochette, Inrap

Mon travail d’infographiste consiste également à concevoir les illustrations du rapport en particulier les cartes et plans en englobant les règles de sémiologie graphique.

Cela nécessite de nombreuses manipulations dans plusieurs logiciels comme Qgis par exemple. Je travaille alors avec les copies des « shapes » de données que me fournit le topographe. Je mets en place une cartographie automatique, des modèles de mise en page de plans et figures, et parfois un atlas pour les opérations les plus importantes.

Avec différents logiciels de création graphique et de mise en page, je redessine les structures à partir des dessins réalisés en cours de fouille (on appelle cela, dans notre jargon, la mise au propre) ; j’améliore les photos, les détoure et je conçois des planches d’objets avec de belles échelles.

Je réalise également différents types de mises en page : pour le rapport de diagnostic ou de fouille, les posters scientifiques avec les archéologues et dans le cadre de présentation à un large public, je maquette les dépliants de visites du site, les affiches, les flyers, les frises chronologiques en collaboration avec la chargée de développement culturel et de communication.

Préparation d’un PowerPoint avec deux archéologues pour une conférence présentant les résultats d’une fouille © Claire Molliex, Inrap

Voici le quotidien de mon activité mais…

… à côté de cela, je m’implique dans bien d’autres projets portés par mes collègues comme la future publication d’un livre. En effet, je travaille actuellement sur un ouvrage scientifique intitulé «Maisons et fortifications de terre au Moyen Âge en Midi Méditerranéen». Je mets en page des rapports de missions à l’étranger comme au Tchad ou en Algérie.

Un exemple de rapport pour l’étranger, j’ai repris la maquette de l’Inrap et je l’ai décliné aux couleurs du pays © Frédérique Robin, Inrap

J’ai également participé à la création d’une exposition dans les gares de Nîmes et de Montpellier, pour valoriser nos travaux sur la ligne à grande vitesse entre Nîmes et Montpellier, et sur le doublement de l’autoroute A9.

Voici les panneaux réalisés pour l’exposition dans les gares de Nîmes et de Montpellier © Cécile Martinez, Inrap

Je participe chaque année aux Journées nationales de l’archéologie (JNA), en particulier à Arles, avec les archéologues de l’Inrap et ceux du Musée de l’Arles Antique avec qui nous collaborons sur les chantiers arlésiens.

Journées nationales de l’archéologie à Arles © Inrap

Je suis souvent sollicitée pour de nouveaux projets. Depuis peu, je prépare des documents d’édition numérique au format html et je vais bientôt devenir formatrice pour « la mise en page du rapport sur InDesign ».

Aucune de mes journées ne se ressemble, mais leur point commun, est de valoriser l’archéologie ainsi que le métier pluridisciplinaire d’infographiste spécialisée dans l’archéologie. Au fil du temps, je me suis rendue compte que ce travail au début un peu répétitif et peu créatif, s’est transformé, au contact des archéologues de mon interrégion, en métier passionnant.

Veau, vache, cochon… castor : le quotidien d’une archéozoologue

Je m’appelle Charlotte Leduc et je suis archéozoologue à l’Inrap. Pour ce Day of Archaeology, je souhaite partager avec vous plusieurs aspects de mon travail et de « mes » quotidiens d’archéozoologue.

Il est 8h, et je viens d’arriver au centre de recherches archéologiques Inrap de Metz, où je travaille depuis maintenant deux ans. Je découvre en pénétrant dans mon bureau, un crâne de chevreuil, trônant sur ma table de travail, avec un post-it laissé par un de mes collègues « cadeau pour ta collection de comparaison » ! Et oui, c’est le genre de cadeaux que l’on me réserve à l’issue de balades forestières dominicales. J’en suis ravie, car j’ai toujours besoin d’étoffer ma collection ostéologique de référence. Je dépose donc le nouveau venu aux côtés de ces congénères. Ce spécimen est intéressant car ces bois (il s’agit donc d’un mâle) sont bien conservés.

Collection ostéologique de comparaison © C. Leduc, Inrap

Je reprends mon travail du moment, l’étude de la faune d’un site d’habitat daté du Premier Moyen Âge, découvert sur la commune d’Obenheim (67) en Alsace.

Les fouilles, réalisées par un collègue P. Dabek, ont notamment permis de mettre au jour les vestiges d’un habitat rural daté du Haut Moyen Âge. Plus de 1300 restes fauniques y ont été découverts. Aujourd’hui, je continue la détermination des fragments d’os. Je trie la faune par espèce afin de faciliter l’enregistrement dans ma base de données. Celle-ci rassemble tout un panel de données : espèce, os, parfois l’âge et le sexe de l’animal, état de conservation, présence de traces de découpe… Les principaux objectifs de cette étude sont d’une part de caractériser les pratiques d’élevage et les modalités d’exploitation des animaux mises en œuvre par les occupants du site et d’autre part de documenter la diversité des activités humaines qui ont pu s’y dérouler.

Au cours de l’étude, je découvre la présence d’au moins quatre probables spécimens de patins à glace réalisés sur os. Il s’agit de radius ou de métapodes entiers de cheval, qui présentent une face aplanie dans l’axe longitudinal de l’os, résultant du frottement de la pièce sur la glace, et parfois des aménagements de chanfreins aux extrémités. Ce type d’objet est fréquemment documenté pour les périodes antique et médiévale, notamment en Alsace. Les quatre exemplaires d’Obenheim viennent donc enrichir le corpus et confortent l’hypothèse d’une particularité régionale déjà soulevée par d’autres collègues archéozoologues.

Patin à glace sur métatarse de cheval découvert au sein de l’occupation du Haut Moyen-Âge à Obenheim (67) en Alsace (France) © Photo : F. Verdelet, Inrap ; PAO : C. Leduc, Inrap

Cela entrainera certainement un travail de synthèse collectif  afin de mieux les caractériser et de comprendre leur valeur culturelle régionale.

Après la pause de midi, changement de programme. Je vais maintenant me consacrer à la préparation d’une mission à l’étranger dans le cadre d’un projet de recherche que je développe avec Louis Chaix professeur émérite au Muséum de Genève et qui porte sur l’exploitation du castor européen au Mésolithique en Russie. En effet, si l’essentiel de mon travail consiste à analyser les restes de faune issus des fouilles préventives réalisées en Grand Est, toutes périodes confondues, je suis également une spécialiste du Mésolithique (environ -9600 à -6000/5000 ans av. J.C.). Je m’intéresse tout particulièrement à l’exploitation du monde animal par les sociétés des derniers chasseurs-cueilleurs qui ont occupé l’Europe avant le Néolithique et le développement des sociétés agro-pastorales. Je travaille sur des groupes culturels d’Europe du Nord et de Russie et notamment sur un site exceptionnel, Zamostje 2, localisé à 150 km au nord de Moscou et fouillé depuis 1989 par V. Lozovski (†) et O. Lozovskaya (Institut d’Histoire de la Culture Matérielle de Saint-Pétersbourg, Académie des sciences de Russie ; Musée d’état d’histoire et d’art de Serguiev Posad. Le système économique des chasseurs-cueilleurs ayant occupé ce lieu de 7000/6500 à 4800/4300 av. J.C. reposait en grande partie sur la pêche et sur la chasse de deux espèces : l’élan et le castor. Le castor y a été exploité de façon très intensive, pour sa fourrure, sa viande et aussi pour ses mandibules qui étaient prélevées pour être utilisées comme outils pour travailler le bois. Des milliers d’exemplaires ont été mis au jour au cours des fouilles à Zamostje 2. Ils témoignent d’une exploitation quasiment industrielle et très standardisé de l’animal, c’est tout l’objet de mon projet de recherche.

Outil sur mandibule de castor, Zamostje 2, fouille 2011 © C. Leduc, Inrap

Je dois donc aller régulièrement à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour étudier ces restes de castors et procéder à de nombreuses analyses, notamment ostéométriques pour mieux comprendre les stratégies de chasse.

Enregistrement de données ostéométriques sur des castors modernes au Muséum d’histoire naturelle de Berne, Suisse, en compagnie de Louis Chaix © A. Rehazek

Et puisqu’un tel travail nécessite de bien connaître cet animal, quoi de mieux que de s’y intéresser également lorsqu’il est encore vivant ! Le castor ayant été réintroduit dans les années 80 en Lorraine, je participe également au suivi des populations locales. Je réalise des prospections annuelles en parcourant des tronçons de rivières, en enregistrant et en géo-localisant tous les indices de présence de l’animal, avec le Groupe d’Etude des Mammifères Lorrains (GEML). C’est l’occasion de rencontrer des naturalistes passionnés, fins connaisseurs du monde animal et d’observer les talents de bâtisseur du castor.

Barrage construit par des castors sur un petit affluent de la Moselle © C. Leduc, Inrap

La journée de travail se termine… J’ai maintenant rendez-vous avec plusieurs de mes collègues pour un entraînement hebdomadaire de football, puisque nous avons décidé de participer à la Winckelmann Cup, la coupe internationale de football des archéologues, un moment sportif et festif annuel à ne pas manquer et qui permet de découvrir ses collègues sur le terrain … mais avec du gazon !

Winckelmann Cup, coupe internationale de football des archéologues © Inrap


From Streams to Deltas: Navigating Archaeology Careers, 5 Years On

In 2012, five years ago, I wrote what was to turn out rather amazingly as the most popular post thus far for the Day of Archaeology project. I can’t know all the reasons why people might have felt attracted to my words, but the idea of needing a “Plan B” in our careers must have resonated.

My annual posts since then track a career path of unexpected turns – I’m probably somewhere on Plan E by now, although that makes it all sound rather more controlled and systematic than the organic reality. Things have certainly gone pretty off-road from the seemingly obvious, standard route that 18-year-old me understood took place, should one be lucky enough to progress from an undergraduate degree to the dreamed-about status of lecturer and researcher. Maybe I was naive, but I don’t think I was alone, and my 2012 post tried to see the positive sides to a confusing (and at times disheartening) outcome.

Five years on, I’ve realised that this untenured, untethered, and often uncertain situation is the new normal, for me and many others in archaeology. Winning an incredibly prestigious postdoc wasn’t enough to guarantee an academic position or even other research grants, and I’m not the only one who is now technically unemployed, but somehow working full time. So for this final year, join me at the helm to see what my working life looks like, doing archaeology in many different ways.

 

Exotic flints from the silcrete quarry workshop

 

 

First task of the day is checking the proofs of a journal article which was accepted a couple of days ago. It reports the results of my postdoc fieldwork (covered for Day of Archaeology in 2015 here) and subsequent analysis of the stone tools from a prehistoric silcrete source and quarry-workshop in the Massif central, south east France. This was a really challenging site to excavate and study, as while hugely abundant (there are probably over 500,000 knapped objects), the technology is very informal, making dating activity very difficult. We did however find some possible hints of direct extraction from the bedrock using pits, as well as some extremely interesting flint artefacts that were what we call ‘exotic’: imported to the site from four different flint sources up to 70 km away. It would have been nice to know when this was happening, so we could tie it into the archaeological record for different prehistoric periods in the region – I was especially hoping for some evidence of Neanderthal lithic transport- but the sample we recovered did not allow us to do that. Still, I’m really proud of the paper, especially as it’s part of a special issue in the journal all about silcrete use around the world, which I co-edited.

Once the proofs are all approved, my next job is catching up on correspondence for multiple related projects linked to my work with TrowelBlazers, an organisation focused on cheerleading women in archaeology, geology and palaeontology. The past year my focus has mostly been on our Raising Horizons exhibition (which we were busy planning in the last post for Day of Archaeology). As a collective of four women, we each have evolved different areas of responsibility to develop what TrowelBlazers does, which means we can all take ownership of what excites us most, while benefiting hugely from brainstorming, positive critiques and endless support of each other’s work (not to epic and hilarious email threads). It’s the most continually fun and inspiring work I’ve done as an archaeologist, and I’m incredibly proud of what we achieved with Raising Horizons, one of my two babies of 2016 (the other being an actual Homo sapiens infant). We’re most of the way through a UK tour for the exhibition, having successfully crowdfunded the entire enterprise thanks to the fantastic engagment and generosity of our community. I’m working on contract documentation and final planning for three upcoming showings at the British Science Festival, the Lapworth Museum in Birmingham, and the annual conference of the Palaeontological Association (one of our major sponsors).

At the Raising Horizons exhibition launch, February 2017

After the Raising Horizons admin is out of the way, I can get a bit creative in thinking about two potential new projects linked to TrowelBlazers: first a consultation on working with a hugely significant archaeological site in the UK to tell the story of the women who worked there, and second, mapping out possibilities for a collaborative grant application to create an entirely new exhibition on particular women who made key contributions to both science and society. I’ll be having skype meetings for both these projects next week, so the main task is preparing for those conversations. Project management and exhibition work is not something I had thought much about before the chance opportunity to develop Raising Horizons appeared, but it turns out it’s something I love (fascinating deep research, coupled with creative connections and juxtapositions), and am really good at.

After a lunch break (with the luxury of working close enough to home to visit my family and share a meal), my afternoon is all about the Big Book Project. An earlier contract with Sigma Science for a book on birds in prehistory is temporarily on ice, but my incredible editor is marvelously supportive, and so I have a second contract for a popular science extravaganza on my official area of expertise, the Neanderthals. With the manuscript due this autumn, most of my days are focused on delving into the nitty gritty of their archaeology, and packing in all the unexpected and compelling stuff we know about this species, plus how we know, and why we seem so obsessed with them. It’s a dream project, and right now we’re close to being able to share the title which is immensely exciting (and also terrifying, in a rollercoaster-over-the-edge way).

Snapshot of book writing; Scrivener software totally recommended!

Can what I do now still be called archaeology? I’ve not done any fieldwork for the past two years, and I have a bad case of trowel itch. Yet even without an active excavation or current analytical research project, all my time and energy is spent on archaeology in one way or another. Increasingly that includes working to improve it as a discipline, both for the people in this field, and to make what we do mean something, beyond intellectual curiosity. The answer to my question in 2012, “once an archaeologist…? ” is definitely, yes, always. My biggest lesson since starting out is that everything in archaeological careers is about luck. But, you also have the ability to load your own dice, and the more throws you give yourself, the better chance you have of rolling a good score. My own professional course been less of a single-stream, focused trajectory, and more of a braided river delta, where the lie of the land means diversifying expertise, taking chances when they come, and reaching the horizon in more ways than you imagined.

Lena River Delta. Image: Public domain, NASA, via Wikimedia Commons


Une journée dans les pas d’une archéologue : fouille à la Cathédrale de Nîmes

Bonjour, je suis Marie Rochette. Je suis archéologue médiéviste au Centre de recherches archéologiques Inrap de Nîmes. Ce Day of Archaeology me donne l’occasion de vous parler d’une de mes journées de fouille à l’intérieur de la Cathédrale de Nîmes.

La Cathédrale de Nîmes © Marie Rochette, Inrap

Cette opération est considérée comme un chantier de fouille, mais son organisation est très particulière car elle dépend de l’avancée des travaux de réfection du sol de la nef de l’église.

Ainsi durant trois mois, trois collègues, Odile, Claire et Frédéric, et moi avons travaillé en co-activité avec les maçons, les électriciens, les foreurs… qui participent à ce chantier.

Le cadre de l’opération est exceptionnel ! C’est la première fois que l’on va pouvoir observer, dans quatre sondages, le sous-sol de l’édifice. L’église que l’on visite aujourd’hui a été en grande partie reconstruite à l’époque moderne.

Dès la préparation de l’opération, de nombreuses questions se posent et attisent notre curiosité :

Comment était l’église romane ? Et auparavant, y a-t-il eu une église paléochrétienne ? Le quartier était-il occupé par un bâtiment antique public comme les historiens le pensent ? Ces vestiges seront-ils accessibles au fond des sondages ?

J’ai beaucoup de chance car même si le contexte de cette opération atypique s’annonce complexe, les enjeux scientifiques sont passionnants.

La chantier de fouille à l’intérieur de la Cathédrale © Marie Rochette, Inrap

Le premier jour, l’arrivée à 8h dans ce bâtiment majestueux impressionne. Notre vestiaire est installé dans le déambulatoire de l’abside. Le confessionnal et quelques tableaux religieux font le décor ! Le réfectoire se situe à l’étage dans une grande salle voûtée.

La première matinée est consacrée à la visite de l’édifice : la nef et le chœur, les chapelles, le triforium, le clocher… et la terrasse ! Aux premières heures de la journée, cette dernière offre une vue imprenable sur la ville !

Vue de Nîmes depuis la Cathédrale © Marie Rochette, Inrap

Nous devons creuser les deux premiers sondages entièrement à la main. Le premier se trouve près du chœur, le second est à l’opposé. On convient de mettre toute la terre au centre de la nef, elle sera emportée dans un camion dans quelques semaines. Au bout de quelques jours, le tas est impressionnant !

Premiers sondages dans la Cathédrale © Marie Rochette, Inrap

Deux autres sondages, l’un au sud de la nef et l’autre au nord, sont creusés à l’aide d’une petite pelle mécanique.

Sondages à la pelle mécanique © Marie Rochette, Inrap

À 1,30 m de profondeur sous le dallage de l’église, les vestiges apparaissent enfin : les maçonneries de fondations filantes séparant la nef et les bas-côtés. C’est bien la cathédrale romane. Un petit sondage complémentaire, dans un placard entre une chapelle et la nef, nous permet aussi d’observer une portion du mur gouttereau méridional. Bâti avec de grands blocs en remploi, il est renforcé par un contrefort.

Les maçonneries mises au jour sous le dallage de la Cathédrale © Marie Rochette, Inrap

Après quelques semaines de fouille, ces quelques points d’observation nous permettent de restituer la nef romane : elle est constituée de trois nefs. La nef centrale est plus étroite que celle actuelle. On en déduit aussi sa longueur minimale qui est au moins équivalente à l’édifice actuel.

En poussant un peu plus profondément la fouille, des couches plus anciennes sont mises en évidence. Au vu du mobilier recueilli (céramique, plaquages de marbre, moulures), elles datent de l’Antiquité et de l’Antiquité tardive. En fond de tranchée, et malgré le blindage qui a été installé pour notre sécurité et nous complique un peu la tâche, nous avons malheureusement peu d’espace pour poursuivre l’investigation.

Un gros bloc nous intrigue… Mon collègue Frédéric le dégage un peu plus. Il s’agit d’un très grand bloc de corniche antique, retourné, qui a pu appartenir à un édifice important !

Bloc de corniche antique © Marie Rochette, Inrap

Aurélien, le topographe de l’équipe, qui vient chaque semaine sur le chantier pour relever les vestiges mis au jour, pourra dans quelques jours faire une série de photographies pour rendre compte en 3D du riche décor du bloc.

Chaque soir après 17h, la cathédrale retrouve son calme. Outils rangés, lumières éteintes, nous sortons par la place du chapitre. En ouvrant la porte, le soleil nous éblouit et nous ramène aussitôt dans le mouvement de la ville !

Archéologie d’un village de Touraine

Bonjour ! Nous sommes Jean-Philippe Chimier et Nicolas Fouillet, tous deux archéologues à l’Inrap et membres permanents du Laboratoire Archéologie et Territoires de l’UMR 7324 Citeres (université de Tours). C’est à ce double titre que nous dirigeons un programme de recherche sur le village d’Esvres (Centre – Val-de-Loire, France). Ces recherches ont pour objectif l’étude du village dans « la longue durée », des premières occupations du site à la période gauloise à aujourd’hui. La particularité de ces travaux est de mêler archéologie préventive et archéologie programmée. Ces dernières sont constituées de prospections au sol, de sondages archéologiques, d’études de documents d’archives, d’inventaire du patrimoine bâti et d’une enquête documentaire. Au total, ce sont près de 50 chercheurs qui ont travaillé sur le programme depuis sa mise en place en 2011.

Esvres, le centre-bourg © Jean-Philippe Chimier, Inrap, 2012

Esvres, le centre-bourg © Jean-Philippe Chimier, Inrap, 2012

L’étude du village dans sa globalité a nécessité une immersion au sein de la communauté, qu’ils s’agissent des élus, des agents communaux et bien-sûr de ses habitants. C’est aux Esvriens, sans qui nous n’aurions pas pu écrire cette page d’histoire, que l’équipe archéologique souhaite rendre hommage à l’occasion de ce « Day of Archaeology ».

Les habitats et les habitants.

Une partie des opérations programmées correspond à la réalisation de sondages manuels ou d’observations architecturales chez les particuliers. Nous avons globalement été accueillis avec bienveillance, mais gagner la confiance des habitants est un travail qui s’est construit doucement, au fur et à mesure des campagnes de terrain. Il nous a fallu constituer un réseau à partir des quelques contacts que nous avions initialement.

Surveillance de travaux au chevet de l’église et visite spontanée des riverains. © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Surveillance de travaux au chevet de l’église et visite spontanée des riverains. © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Sondage chez un particulier, et dans le cimetière gallo-romain ! © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Sondage chez un particulier, et dans le cimetière gallo-romain ! © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Relevé d’une cave au scanner 3D © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Relevé d’une cave au scanner 3D © Jean-Philippe Chimier, Inrap

C’est la municipalité qui a apporté les premières clefs en organisant en 2009 une exposition sur les premières fouilles préventives. Depuis lors, nous avons travaillé en collaboration avec les différents services : la culture bien sûr, mais aussi l’urbanisme, les services techniques et la police municipale. Esvres possède aussi un réseau associatif actif et dense qui a permis de nous faire connaître. Nous avons rencontré les membres d’associations diverses (randonnée, parents d’élèves, conseil économique de la paroisse…), mais c’est surtout grâce à l’association locale pour la défense du patrimoine (ASPE) que nous avons pu entrer en contact avec des particuliers motivés et intéressés qui nous ont donné accès à leur propriété.
Il nous a aussi fallu rencontrer les habitants par nous-mêmes, en expliquant au cas par cas ‑ et au porte à porte ! ‑ la nature et les objectifs de nos travaux. Malgré nos appréhensions, nous avons rarement été déçus et en tous cas jamais mal reçus !
La réalisation de prospections pédestres sur des terres agricoles a nécessité de pousser la porte des fermes pour avoir l’autorisation d’accéder aux champs. Par l’intermédiaire des viticulteurs d’Esvres qui nous ont  accueillis chaleureusement, nous avons pu facilement collaborer avec les autres agriculteurs.

Prospections pédestres au milieu des vignes avec des stagiaires de l’université de Tours. © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Prospections pédestres au milieu des vignes avec des stagiaires de l’université de Tours. © Jean-Philippe Chimier, Inrap

Les sondages archéologiques manuels, aussi limités soient-ils (jusqu’à 3 m²), ont révélé l’extension d’un habitat gaulois et antique et ont permis d’explorer les occupations médiévales du village. L’étude des bâtiments du bourg a mis en évidence une série de maisons anciennes, dont certaines dateraient de la fin Moyen Âge (vers 1500). Elles sont souvent dissimulées au milieu de constructions plus récentes et nous avons quelquefois eu de bonnes surprises, au détour d’une trappe oubliée.

Rendre aux Esvriens ce qui appartient aux Esvriens

Même si à notre sens, restituer à tous le résultat de nos études doit être la finalité de toute recherche archéologique, c’est encore plus vrai dans le cadre de ce programme. Depuis le début nous avons tenu à informer les Esvriens de l’avancée de nos travaux. Chaque mois de septembre, lors de Journées européennes du Patrimoine, l’équipe propose plusieurs interventions. Une d’elles est toujours consacrée au bilan des travaux de terrain de l’année en cours et au moins une autre communication présente un thème ou une période particulière. En juin, lors de Journées nationales de l’Archéologie (JNA), nous évoquons l’histoire et l’archéologie d’Esvres lors d’une « archéo-balade », une sorte de visite-conférence du village qui remporte toujours un franc succès malgré un nombre de places limitées. En 2014, toujours lors des JNA, une rencontre a été organisée avec les chercheurs de l’équipe qui ont présenté leurs travaux. Ouverte à tous le samedi, elle était réservée aux enfants des écoles la veille et, on l’espère, aura permis de créer de nombreuses vocations…

« Archéo-balade » durant les Journées nationales de l’Archéologie 2013. © Laurent Petit, Inrap, 2013

« Archéo-balade » durant les Journées nationales de l’Archéologie 2013. © Laurent Petit, Inrap, 2013

Les Journées nationales de l’Archéologie 2016, rencontre avec les villageois. © Denis Godignon, Inrap

Les Journées nationales de l’Archéologie 2016, rencontre avec les villageois. © Denis Godignon, Inrap

Les Journées nationales de l’Archéologie 2016, initiation à la céramologie. © Nicolas Fouillet, Inrap

Les Journées nationales de l’Archéologie 2016, initiation à la céramologie. © Nicolas Fouillet, Inrap

2016 constitue la fin du programme de terrain mais pas la fin de nos recherches sur Esvres, il reste encore à réaliser la synthèse de toute cette documentation. De retour en laboratoire, comment valoriser nos travaux à venir ? Sans doute via internet qui permettra de garder un contact à distance avec nos interlocuteurs du terrain (vous en êtes peut-être la preuve en lisant ces lignes !) et de s’ouvrir à d’autres lecteurs, Esvriens ou non.

Jean-Philippe Chimier et Nicolas Fouillet, Inrap / UMR 7324 Citeres-LAT

 

Relevés topographiques en Île-de-France

Bonjour, je suis Pascal Raymond, topographe à l’Inrap . Pour ce « Day of archaeology », je souhaite vous partager un peu de mon quotidien en vous relatant une de mes journées de travail.

Mardi 26 juillet 2016, départ 6 h 30 pour une journée de relevé topographique sur deux opérations de fouille en Seine-et-Marne. Je remplace deux collègues partis en congé en juillet.
J’interviens d’abord sur un site situé dans la commune de Mouroux, qui présente une concentration d’enclos funéraires de la fin de l’âge du Fer. Cette opération commencée début juin se termine à la fin de la semaine. En fin de chantier le temps est précieux. On discute de la stratégie d’enregistrement avec l’équipe en concluant qu’une grande coupe et certaines structures seront relevées par photogrammétrie.

Le chantier est très propre, pas de tas de terre volumineux, pas de circulation d’engins, je peux donc positionner le théodolite au milieu du décapage. Le résultat de la mise en station est correct. La responsable de l’opération commence à arpenter le terrain.
On implante alors des axes horizontaux, on lève les points d’axe de coupe et des points de calage pour des relevés par photogrammétrie.

Vue du décapage et des enclos funéraires de Mouroux © Pascal Raymond, Inrap

Vue du décapage et des enclos funéraires de Mouroux © Pascal Raymond, Inrap

10 h, c’est la pause café. Le soleil commence à chauffer. L’équipe se regroupe autour des thermos pour refaire le monde. On râle, on plaisante beaucoup et on parle aussi des vacances. Après cette pause, le soleil est assez haut et quelques petits nuages permettent les prises de vue.

En fin de matinée, les relevés sont terminés, direction le chantier à Lagny-sur-Marne.
La fouille a commencé début juillet. C’est un site urbain, médiéval et moderne. Je retrouve mes collègues vers midi et demi. J’avale un jambon-beurre vite fait et visite le chantier pour organiser le travail. Mon intervention doit permettre d’enregistrer le premier niveau de décapage. La responsable d’opération souhaite obtenir une ortho-photo et un modèle numérique de terrain pour travailler sur SIG. La zone à relever par photogrammétrie occupe 1500 m². Je place des points de calage pendant que l’équipe débâche les niveaux de sol qui avaient été protégés. Le terrain est propre et riche en informations. Je fais 350 photos avec un fort taux de recouvrement pour la photogrammétrie. Après vérification des données recueillies, on programme les futures interventions et je rentre au bureau.

Vue du secteur 1 du site des tanneurs à Lagny-sur-Marne © Pascal Raymond, Inrap

Vue du secteur 1 du site des tanneurs à Lagny-sur-Marne © Pascal Raymond, Inrap

Arrivé au centre archéologique de La Courneuve vers 14h30, je lance la correction des données GPS. J’importe les points topographiques et classe les photos prises sur les deux chantiers. Je lance trois calculs photogrammétriques du chantier de Mouroux et celui, plus large, de Lagny. L’ordinateur est alors totalement pris pour ces opérations.

Traitement numérique de l’ortho-image du décapage de Mouroux © Pascal Raymond, Inrap

Traitement numérique de l’ortho-image du décapage de Mouroux © Pascal Raymond, Inrap

En attendant les premiers résultats, j’aide mon collègue de bureau à modifier un cerf-volant pour qu’il rentre dans une valise.  Il doit partir la semaine prochaine en mission de prospection en Guyane et aura besoin de faire des photos aériennes. Après ce petit bricolage, l’ordinateur est toujours occupé. Je finis alors cette journée en nettoyant le moulage d’une sépulture réalisé pour le musée Carnavalet.

Mon bureau et moi © Inrap

Mon bureau et moi © Inrap

La journée fut bien remplie. Je repars avec trois jours de traitement des données. J’ai parcouru 250 km, ce qui ne veut pas dire grand-chose en Île-de-France puisqu’on compte plutôt en temps de bouchons. Mais là, c’est l’été, alors c’était une bonne journée.

Pascal Raymond

An archaeologist’s holiday

Exterior of the architect designed building containing the replica cave

Exterior of the architect designed building containing the replica cave

When you go on holiday as an archaeologist, you end up finding and visiting the archaeology around your holiday destination or, as I did, you build your entire holiday around going to see archaeological sites. I have watched Werner Herzog’s Cave of Forgotten Dreams, I have read Mordicai Gerstein’s The First Drawing and I have trawled through the images on the Bradshaw Foundation. When the Caverne du Pont d’Arc was opened earlier this year, a replica of the famous ‘Chauvet’ Cave in the Ardèche region of France, I knew that I’d be dragging my family there this year and that’s where I found myself on the Day of Archaeology 2015.

The original cavern was only found in 1994 by cavers, among them Jean-Marie Chauvet who the cave is often named after. Due to the damaging affects of tourists visiting caves found in earlier decades, such as Lascaux in the Dordogne region of France, the decision was made very early on to create a replica of the cave for visitors. It was a huge project that cost over 55 million euros and I was excited and nervous, hoping that it would be well spent and worried that it would be a damp squib.

I needn’t have worried. The replica is incredibly impressive, from the outside as well as in. The architecture of the exterior of the replica is monumental and reflects the angular formations of the cavern walls. It has been built on a hilltop a couple of miles from the original down in the valley of the Ardèche, and commands a breathtaking view of the mountains of the Cévennes. As far as I could tell, the entire cave system is recreated, instead of just a section of it, as at other cave replicas.

Panorama of the view from the top of the hill where the replica has been built

Panorama of the view from the top of the hill where the replica has been built

The cave was worked on some 36,000 years ago and has the earliest known cave art in Europe. (In contrast, Lascaux was painted about 17,000 years ago. As much time passed between Chauvet and Lascaux as between Lascaux and today!) It has cave paintings in both red ochre and charcoal, as well as cave engravings. It has paintings of bears, lions, horses, giant deer, woolly mammoths and woolly rhinos. The artists have observed these animals closely and for many years. It has an engraving of an owl with its head turned all the way round. The images are, for the most part, executed with great skill. They appear to move as some animals are given more than one set of legs that would have flickered back and forth in the torchlight. The earlier part of the cave is generally done in red ochre, while the later paintings are all mostly black.

Bear skull placed deliberately on a stone, image from Bradshaw Foundation’s website

The cave was also occupied by bears around the same time, who have left their marks all over, in the hollowed out hibernation nests they made for the winter, the rubbing along the walls where they passed and the claw marks on the walls to mark their territory. They died in there, too, and the people who came to paint the walls also moved the bones. Some long bones seem to have been shoved into the earth on end to act as markers, and several skulls were arranged on a bed of ochre around a natural pillar of rock on which another skull was sat.

Cave lions and a woman’s legs and vulva, image from the Bradshaw Foundation’s website

By the final gallery I was nearly in tears with the beauty and power of the place. All throughout I had been translating the guide to my five year old daughter and getting her to find certain animals and look at the expression of the sad lion. I had abandoned my English language audioguide, which didn’t have the detail I wanted, which the live action tour guide did, which I managed to mostly follow in French. I was particularly pleased to point out the child’s negative handprint (created by spitting paint on the back of the hand pressed on the cave wall) and footprint on the soft earth floor, and the cruder paintings that have been speculatively suggested to be the work of children. I even explained to her the image of the woman’s legs and vulva in the final gallery, as some teenage boys giggled to themselves, but this is the deepest part of the cave, the most magical. Women, then, are apparent in the cave both here and at the start where women’s handprints probably accompany men’s.

In the museum accompanying the cave, however, women are almost completely absent. I felt completely let down by this, which is totally in contrast to the evidence in the cave. In an introductory video four male hunters, who don’t seem to do very well as they compete against cave lions, stumble upon a cave and an elderly man envisions the animals upon the walls and starts to draw with charred wood from the fire. In the gallery of mannequins afterwards, it is the men again who are engaged in placing their palm prints on the walls, while one woman and one child are engaged doing something else with their heads down. It needs a bit more work to coax the whole story out, I think.

The replica Caverne du Pont d’Arc is spectacular. The real thing is off limits to everyone but those who are studying and conserving it so that it can survive another 36,000 years. The paintings at Lascaux are now damaged beyond repair by the damp and the tramping of hundreds of feet through the cave, disturbing molds which started growing on the cave walls and destroying the beautiful art. We don’t want the same to happen at Chauvet, so the replica is as good as it gets for this archaeologist as for us all.

The Cave of the Hundred Mammoths

Mammoth rock art from the Rouffignac cave, France from the Bradshaw Foundation archive

Mammoth rock art from the Rouffignac cave, France from the Bradshaw Foundation archive

Today we are in the office preparing a new section on the Upper Palaeolithic cave art of Rouffignac in the French Dordogne, with its 100 beautiful mammoths and other animal depictions.

Having visited the cave last year, I am now in front of the Mac with my Art and Design Director Ben Dickins, finalising the text and editing some amazing images from the artists of our Palaeolithic past.

The cave contains over 250 engravings and cave drawings, but we want to get across the cave experience: it’s vast and deep, and would have taken the original artists 45 minutes to walk to the end in flickering torch light, where they created a superb panel of art on the ceiling of the End Chamber.

To be in the cave is a special and humbling experience; it is a liminal moment that transcends time, and this is what we are trying to capture!

This is a typical day for us as we continue to document the prehistoric cave paintings and petroglyphs which we make available to all on our site Bradshaw Foundation online archive

The Day of Archaeology 2015 is a fantastic idea; it allows us to see what our colleagues are up to around the world, and discover things we might have missed.

Back to my desk, coffee and mammoths. Have a great day!

Peter Robinson
Editor, Bradshaw Foundation