ceramologist

Des milliers et des milliers de tessons…

Je m’appelle Alban Horry, je voudrais profiter de ce « Day of Archaeology » pour parler ma discipline, la céramologie.
Si quelques mots suffissent pour définir l’univers du céramologue, donc mon univers, c’est bien ceux-ci! La céramologie au même titre que l’archéologie est un métier et c’est aussi une passion. J’aime les caractères de cette discipline, la masse des informations à gérer, participer de près à la compréhension de l’histoire d’un site et finalement, de « mettre de l’ordre dans le désordre ». La céramologie c’est aussi pour moi le partage, c’est aller à la rencontre des autres pour échanger et sortir de son propre univers. Elle n’est pas une discipline isolée mais participe d’un travail collectif. Elle est intégrée aux travaux d’une équipe archéologique afin de mettre en forme les données issues d’une fouille.

Tessons de céramiques

Une de mes plus belles « aventures céramologiques », et je tiens vraiment à utiliser le mot aventure, c’est celle que j’ai connue lors de la fouille du Parc Saint-Georges à Lyon entre 2002 et 2004 (dont le film présente une partie du travail que j’ai réalisé). J’ai eu pour mission d’investir cette collection exceptionnelle de poteries modernes découvertes sur les bords de la Saône. Les habitants du quartier avaient alors utilisé la rivière comme dépotoir pour rejeter leurs déchets domestiques. Ces fouilles ont livré le lot le plus important de céramiques postérieures au Moyen Âge découvert à ce jour à Lyon, une collection remarquable reflet éclatant de ce que les intérieurs des maisons contenaient d’objets du quotidien en terre cuite. L’étude de ces objets vient compléter celles des lots issus des fouilles archéologiques de ces trente dernières années au cœur de Lyon, dont j’ai pu étudier une bonne partie et qui ont permis d’amasser une collection exceptionnelle de poteries datées entre le XVIe et le XIXe siècle. Cette documentation unique, qui compte à ce jour près de 400 000 fragments, a offert, offre et offrira encore aux chercheurs de riches heures et perspectives inépuisables de travail.
Mon quotidien à l’Inrap c’est aussi effectuer les études et les expertises de céramiques du Moyen Age et de la période moderne découvertes lors des diagnostics réalisés préalablement aux fouilles. Ces missions de courte durée où il faut travailler vite et aller à l’essentiel visent à fournir des données de chronologie indispensables à la réalisation des rapports de sondages archéologiques. J’apprécie beaucoup ce stade de mon travail où je perçois les études que j’aurai à mener par la suite à l’issue des fouilles archéologiques.

Alban Horry at work

J’aime le fait d’étudier des céramiques allant du Ve au XIXe siècle, donc sur une très longue durée, ce qui permet considérablement de varier « les plaisirs ». C’est la même chose pour ce qui concerne les régions sur lesquelles je remplis mes missions tant en Rhône-Alpes, Auvergne et Bourgogne. Cette vaste entité géographique permet d’observer par exemple les phénomènes de diffusion des productions céramiques.

Un des autres aspects de mon quotidien de céramologue et non des moindres, est bien sûr de communiquer les résultats de mes recherches et travaux sur les céramiques médiévales et modernes, par le biais de publications scientifiques et de participation à des colloques.

Enfin, j’ai plaisir aussi à présenter mon métier et partager ma passion avec un plus large public. Ce dernier aspect me semble indispensable pour sensibiliser chacun à l’archéologie. Le céramologue travaille finalement sur des morceaux choisis du quotidien qui témoignent à leur façon d’instants de vie passée. Ils nous plongent au cœur de l’histoire, pas celle des grands événements, mais au plus proche de nous, dans celle de nos ancêtres dans leur vie de tous les jours.

Alban Horry, céramologue à l’Inrap

Lire la version anglaise du texte / Read the english translation


Voir toutes les ressources audiovisuelles de l’Inrap