Frédérique Robin

Illustrer et valoriser l’archéologie : le quotidien de l’infographiste

Bonjour ! Je m’appelle Frédérique Robin. Après une formation de graphiste, j’ai longtemps travaillé au sein d’une imprimerie assez importante. En 2004, je rejoins l’Inrap.

Un rapport d’opération terminé, au retour de chez l’imprimeur ! © Myr Muratet, Inrap

Depuis, j’exerce le métier d’infographiste au centre de recherches archéologiques de l’Inrap à Nîmes. Ce Day of Archaeology me donne l’occasion de vous présenter toutes les facettes de ce métier. Au service des responsables d’opérations et des différents spécialistes en archéologie, j’apporte ma contribution afin de rendre un rapport d’opération le plus lisible et le plus beau possible. En effet, à la fin d’un diagnostic ou d’une fouille en archéologie préventive, c’est le document qui gardera la mémoire du site et qui est remis à l’État.

Ce document scientifique réunit les données de terrain, leur analyse et enfin leur interprétation.

Je collabore de façon étroite avec le responsable d’opération au cours de la fouille pour le montage du plan et surtout en post-fouille, à mon bureau, afin de définir le choix de l’information représentée sur les plans, les dessins, les photos … tout cela pour éclairer le propos de l’archéologue.

Réunion de travail pour mettre en place le post-fouille avec le responsable d’opération, les responsables de secteur, le topographe et moi © Marie Rochette, Inrap

Mon travail d’infographiste consiste également à concevoir les illustrations du rapport en particulier les cartes et plans en englobant les règles de sémiologie graphique.

Cela nécessite de nombreuses manipulations dans plusieurs logiciels comme Qgis par exemple. Je travaille alors avec les copies des « shapes » de données que me fournit le topographe. Je mets en place une cartographie automatique, des modèles de mise en page de plans et figures, et parfois un atlas pour les opérations les plus importantes.

Avec différents logiciels de création graphique et de mise en page, je redessine les structures à partir des dessins réalisés en cours de fouille (on appelle cela, dans notre jargon, la mise au propre) ; j’améliore les photos, les détoure et je conçois des planches d’objets avec de belles échelles.

Je réalise également différents types de mises en page : pour le rapport de diagnostic ou de fouille, les posters scientifiques avec les archéologues et dans le cadre de présentation à un large public, je maquette les dépliants de visites du site, les affiches, les flyers, les frises chronologiques en collaboration avec la chargée de développement culturel et de communication.

Préparation d’un PowerPoint avec deux archéologues pour une conférence présentant les résultats d’une fouille © Claire Molliex, Inrap

Voici le quotidien de mon activité mais…

… à côté de cela, je m’implique dans bien d’autres projets portés par mes collègues comme la future publication d’un livre. En effet, je travaille actuellement sur un ouvrage scientifique intitulé «Maisons et fortifications de terre au Moyen Âge en Midi Méditerranéen». Je mets en page des rapports de missions à l’étranger comme au Tchad ou en Algérie.

Un exemple de rapport pour l’étranger, j’ai repris la maquette de l’Inrap et je l’ai décliné aux couleurs du pays © Frédérique Robin, Inrap

J’ai également participé à la création d’une exposition dans les gares de Nîmes et de Montpellier, pour valoriser nos travaux sur la ligne à grande vitesse entre Nîmes et Montpellier, et sur le doublement de l’autoroute A9.

Voici les panneaux réalisés pour l’exposition dans les gares de Nîmes et de Montpellier © Cécile Martinez, Inrap

Je participe chaque année aux Journées nationales de l’archéologie (JNA), en particulier à Arles, avec les archéologues de l’Inrap et ceux du Musée de l’Arles Antique avec qui nous collaborons sur les chantiers arlésiens.

Journées nationales de l’archéologie à Arles © Inrap

Je suis souvent sollicitée pour de nouveaux projets. Depuis peu, je prépare des documents d’édition numérique au format html et je vais bientôt devenir formatrice pour « la mise en page du rapport sur InDesign ».

Aucune de mes journées ne se ressemble, mais leur point commun, est de valoriser l’archéologie ainsi que le métier pluridisciplinaire d’infographiste spécialisée dans l’archéologie. Au fil du temps, je me suis rendue compte que ce travail au début un peu répétitif et peu créatif, s’est transformé, au contact des archéologues de mon interrégion, en métier passionnant.