Musée SaintRaymond

De la terre à la lumière: révélations photographiques et documentaires

Bonjour ! Je m’appelle Emilie Trébuchet, je suis documentaliste à l’Inrap depuis 7 ans. Avant cela, j’étais archéologue, à l’Inrap également, et j’ai dirigé plusieurs opérations. Après 10 ans de terrain et de déplacements, à la recherche de nouvelles connaissances et de perspectives différentes, il m’a semblé nécessaire de retourner à des affinités anciennes (livre, écriture, image, documentation). J’ai donc une double formation : archéologie et ingénierie documentaire spécialité image. Ma journée de travail s’articule aujourd’hui autour de ces deux disciplines, c’est ce que je trouve formidable et que j’ai envie de partager avec vous. Mon regard d’archéologue influence ma perception de la documentation, et vice versa.

L’archéologie des documents photographiques

Le 13 mai 2015 a été une journée très particulière : c’est l’inauguration de l’exposition « Dans l’œil du viseur. La photo révèle l’archéo » au musée Saint-Raymond à Toulouse, dont je suis commissaire scientifique. Cette exposition, avec son catalogue, est l’aboutissement rêvé d’un stage réalisé aux archives municipales de Toulouse, dans le cadre de la formation de Master 2 professionnel « Archives et images » que j’ai suivie en 2010-2011 à Toulouse (Université du Mirail, congé de formation Inrap). Elle résulte d’une véritable prospection sur les images d’archéologie menée durant 3 mois dans les fonds photographiques anciens de Toulouse : un travail de recherche, d’analyse, de traitement et de valorisation de documents d’archives qui a été aussi passionnant qu’une opération archéologique. C’est également une aventure inoubliable qui va se poursuivre à travers différents projets en cours.

An exhibit space. ©J.F. Peiré

Vue d’un espace de l’exposition. ©J.F. Peiré

Example of a photograph displayed and showing, in 1869, a last pile of the Daurade bridge in Toulouse, shortly before its destruction (1875). © Municipal Archives of Toulouse

Exemple de photographie exposée et montrant, en 1869, une dernière pile du pont de la Daurade à Toulouse, peu de temps avant sa destruction (1875). © Municipal Archives of Toulouse

The inauguration was an opportunity to thank the museum (Cl. Jacquet on the left, general curator of the exhibit, and me), the Municipal Archives of Toulouse and Inrap. The speeches were followed by a guided visit of the exhibit and a reception. © M. Dayrens

L’inauguration est l’occasion de remercier le musée (Cl. Jacquet à gauche, commissaire générale de l’exposition et moi), les Archives municipales de Toulouse et l’Inrap. Les discours ont été suivis d’une visite guidée puis d’un vin d’honneur. © M. Dayrens

La documentation en archéologie

La documentation, c’est une affaire de réseau et nous sommes 13 gestionnaires en tout à l’Inrap, répartis sur différents centres archéologiques du territoire français. Comme je trouve ridicule la règle grammaticale française liée au genre, je vais plutôt écrire « réparties », car nous sommes 12 femmes sur les 13 ! Nous aimerions être plus écoutées, plus nombreuses aussi parce que :

  • la production de documents et de données ne cesse de croître et constitue le cœur de l’activité des archéologues,
  • les sources d’information se démultiplient,
  • les problématiques liées aux nouvelles technologies transforment sans cesse notre métier.

Ma journée habituelle de gestionnaire de documentation, à l’Inrap de Tours, est ponctuée de demandes et de tâches multiples, de discussions aussi. Quand j’arrive dans mon bureau le matin, je jette un œil aux nouveaux ouvrages qui attendent d’être catalogués. Je salue, réponds aux questions de mes collègues et m’assure que le centre de documentation peut les recevoir. Ma fonction première est en effet de gérer la documentation et de faciliter son accès aux archéologues : nous renseignons continuellement dans notre catalogue documentaire en ligne, Dolia, les publications acquises mais aussi tous les rapports que les archéologues produisent – une richesse exceptionnelle pour la recherche ! Depuis deux ans, je m’intéresse aussi beaucoup à la documentation numérique de fouille et à son archivage. Il y a fort à faire.

The Inrap documentation center in Tours © G. Babin, intern at Inrap

Le centre de documentation à l’Inrap de Tours © G. Babin, stagiaire à l’ Inrap

The reports © G. Babin, intern at Inrap

Les rapports
© G. Babin, stagiaire à l’Inrap

Mais les journées peuvent être ponctuées de nombreuses autres priorités : la recherche d’informations pour les opérations archéologiques, le développement d’outils (de synthèse, de curation, de diffusion de l’information), la formation, l’encadrement de stagiaire, l’accueil d’étudiants, des réunions, des commandes, etc. J’ai aussi régulièrement des échanges avec des documentalistes d’autres structures.

Cette profession, qui demande une évolution permanente et qui se trouve à l’interface des autres métiers (AST, archéologues, recherche et développement, DAO-PAO, etc. à l’Inrap), est vraiment passionnant, même s’il faut souvent se battre pour faire reconnaître son importance. Je m’amuse à penser que les documentalistes sont parfois perçus comme les documents eux-mêmes : ils représentent la mémoire des activités et sont consultés régulièrement. On ne sait pas toujours très bien comment les exploiter, ni à quoi ils vont servir, mais ils deviennent un jour indispensables…

Emilie Trébuchet, gestionnaire de documentation et archéologue à l’Inrap, UMR 7324